Thuringe:
Sur la voie d’une loi pour les bibliothèques?
(Frank Simon-Ritz) (pp. 356–358)
Dans de nombreux états, il existe des lois qui prescrivent
et / ou qui soutiennent le fonctionnement des bibliothèques.
(http:/knb.biblioteksverband.de/inter_kooperation/bibliothekspolitik/index.htlm).
En Allemagne, il n’existe rien de semblable, au grand regret
des bibliothécaires. Pourquoi? C’est que le domaine
de la culture ne dépend pas du gouvernement fédéral
de Berlin, mais des différents »Länder«.
Et les bibliothèques publiques dans les villes dépendent
des communes: celles-ci peuvent faire fonctionner des bibliothèques,
mais elles n’y sont pas obligées – les bibliothèques
relèvent de ce que l’on appelle »les compétences
facultatives«. Bien entendu, les Länder pourraient soutenir
les bibliothèques municipales, mais cela a un coût…
En Thuringe, l’un des 16 nouveaux états fédéraux,
on essaie de faire adopter une loi sur les bibliothèques
à l’échelle du Land. Une telle tentative doit
forcément tenir compte du cadre politique: il apparaît
irréaliste d’attendre des apports financiers concrets
des villes ou du Land. C’est pourquoi, dans leur projet de
loi, imprimé dans ce numéro, les bibliothécaires
n’attendent rien de plus, mais rien de moins, que la reconnaissance
par le législateur de l’importance pour la société
des bibliothèques, et de la nécessité pour
le Land de Thuringe et ses communes, de faire fonctionner des bibliothèques
correspondant à des normes précises. Sera-t-il possible
de trouver une majorité politique pour ce projet très
modeste? Même cela n’est pas sûr.
Protéger des biens culturels précieux:
Plan d’urgence dans la bibliothèque centrale de géographie
de Leipzig
(Cornelia Gruhle) (pp. 378–382)
Les dernières années ont démontré à
l’envi que les bibliothèques en Allemagne ne sont pas
épargnées par les catastrophes naturelles et les incendies.
L’incendie dévastateur de la célèbre
bibliothèque »Herzogin Anna Amalia« de Weimar
en septembre 2004, et la crue »du centenaire« en Allemagne
de l’est en l’été 2002 sont des évènements
qui,de par leur écho médiatique, ont réveillé
le public mais aussi le monde professionnel des bibliothèques.
De plus petits accidents, comme des dégâts d’eau
dus à des fuites dans les canalisations peuvent aussi entraîner
des dommages considérables.
Comment peut-on anticiper sur de tels dangers? La bibliothèque
centrale de géographie de Leipzig (Saxe) a établi
la liste suivante pour les cas d’urgences: vérifier
l’actualisation et la pertinence des systèmes anti-incendies
et des alarmes; prendre contact avec le concierge; se procurer les
plans des lieux (canalisations, alarme-incendie, plan d’évacuation,
coupe-feux etc.); analyse des dangers: le mieux étant de
localiser dans chaque pièce les endroits critiques (porte,
étagère, issues de secours, climatisation, canalisation
d’eau, autres risques d’incendie); évaluation
critique, relever tous les dégâts possibles, même
si le risque qu’ils se produisent est minime; concrétiser
les projets de transformation ou d’acquisition; établir
des listes de priorité pour la collection; désigner
et former un responsable et une équipe sécurité;
présenter le plan d’urgence à l’administration
et le faire valider; vérifier régulièrement
l’actualité des plans existants.
Le modèle controversé de
la bibliothèque populaire: Walter Hofman et la bibliothèque
publique libre de Dresde-Plauen
(Roman Rabe) (pp. 394–400)
L’actuelle bibliothèque de quartier »Walter
Hofman« de Dresde-Plauen (Saxe) a »l’histoire
la plus célèbre du réseau des bibliothèques
municipales de Dresde«, dit son site internet. En février
dernier, elle pouvait se retourner sur le centenaire de son existence.
Son fondateur n’était autre que Walter Hofman (1879–1952),
qui fut ensuite directeur des »Städtische Bücherhallen«
(halles aux livres municipales) de Leipzig en Saxe – un partisan
du »Richtungsstreit« (guerre des écoles) mené
avec acharnement dans les années 1920. Tandis que Hofman
se voyait avant tout comme un éducateur du peuple et mettait
l’accent sur les aspects socio-pédagogiques du travail
en bibliothèque, ses adversaires suivaient une ligne plus
pluraliste selon le modèle de »la public library«
anglo-américaine, où l’offre de service et l’orientation
vers l’usager étaient mises en avant.
Avec son départ de la petite ville de Plauen vers Leipzig
Hofman a prouvé que ses conceptions fondamentales du travail
en bibliothèque pouvaient être mises en œuvre
aussi dans une grande ville. Pour répondre à l’importante
demande quant à son modèle de bibliothèque
qui a suivi, il créa un organisme de conseil »la centrale
pour les bibliothèques à caractère populaire«.
En octobre 1914, il ouvrit sa propre »école spécialisée
pour la technique et l’organisation des bibliothèques«.
»L’école supérieure des techniques, de
l’économie et de la culture de Leipzig«, qui
forme des bibliothécaires jusqu’à nos jours,
s’inscrit dans cette filiation. Dans le prolongement de l’établissement,
des revues professionnelles et des ouvrages fondamentaux ont vu
le jour, qui ont accompagné le développement des bibliothèques
publiques selon la conception de »l’école de
Leipzig«. Dans les années postérieures à
la première guerre mondiale, Hofman a pu étendre ses
institutions. En 1923, il fonda avec succès » la centrale
d’achat pour les bibliothèques publiques«, dont
le successeur, l’»ekz.bibliotheksservice« (centrale
d’achat pour les bibliothèques) de Reutlingen (Bade-Wurtemberg)
est aujourd’hui encore le principal fournisseur des bibliothèques
publiques en Allemagne. En 1930, le »comité international
pour les bibliothèques« l’a élu président.
Un an plus tard, il obtient le titre de »docteur honoris causa«
de l’université de Leipzig. L’autodidacte doutant
de lui-même et arrivé dans les bibliothèques
par des chemins de traverse était devenu une autorité,
que personne, dans le domaine des bibliothèques publiques
en Allemagne, ne pouvait plus ignorer.
Traduit par Suzanne Rousselot
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