Remettre les les savoirs professionnels à leur place / Prochaine génération: mode présentiel version apprentissage virtuel (Ilona Munique)
(pp. 528–532)
Il y a longtemps que la question ne se pose plus du pour ou du contre l’apprentissage virtuel, de l’obsolescence de la formation en mode présentiel et du renoncement au ta- bleau de conférence. L’un et l’autre trouvent actuellement leur utilisation spécifique, ont leurs fidèles ou nouveaux adeptes, présentent des avantages et des inconvénients et déterminent pour l’organisateur et les participants leur propre équation coûts- utilité.
La forme la plus courante des formations continues est toujours constituée de séminaires et de cours qui requièrent la présence personnelle des apprenants. Les formations ont lieu soit in situ avec des participants choisis (»Inhouse«) ou dans des lieux centralisés où les organisateurs (Fachstellen, administrations, associations, entreprises etc.) invitent des groupes ciblés. La durée de la formation est en général limitée à une journée. Des formations d’une demi-journée sont organisées en lien avec des journées professionnelles ou les assemblées générales des associations.
L’apprentissage virtuel ne remplace pas la rencontre personnelle, mais il offre de nombreux avantages et permet d’agrandir l’espace d’apprentissage. Les formations en mode présentiel restent , au double sens du terme, une »classe à part«. Enrichies par les nouveaux media et les outils virtuels, ils devraient encore convenir à la prochaine génération câblée. Les passerelles entre les différentes formes d’apprentissage se multiplient, les exigences par rapport aux modes d’apprentissage s’accroissent, la responsabilité de bons résultats de formation est également revendiquée par les participants, les organisateurs et les formateurs. Contrairement aux espoirs initiaux, tout cela n’est pas forcément moins cher; Mais certainement plus flexible, plus intéressant, et surtout plus ciblé vers le sujet. Le temps est donc venu d’un changement de paradigme dans la formation continue des bibliothécaires, comme c’est déjà le cas dans la recherche et l’éducation à la formation des adultes.
Qu’est-ce qui est attendu par qui? Le travail de lobbying pour les bibliothèques, vu par une femme politique (Undine Kurth)
(pp. 549–552)
Un travail de lobby couronné de succès repose sur le questionnement suivant: »qu’est-ce qui est attendu et par qui?«. Pour y répondre, il s’agit tout d’abord de préciser quels sont les joueurs sur le terrain. Il faut citer trois grands groupes: l’administration, les utilisateurs et les bibliothèques. La plus grande inconnue est l’administration et ceux qui prennent les décisions la concernant.
Il est admis que les bibliothèques sont importantes. Même le président de la république fédérale allemande l’a confirmé dans son discours pour la réouverture de la bibliothèque Anna Amalia de Weimar. Cette merveilleuse certitude de sa propre importance a été consolidée par le travail de la commission d’enquête »Culture en Allemagne« du Bundestag qui s’est penchée intensément sur la situation des bibliothèques. Les recommandations exprimées dans le rapport final sont un vrai trésor pour le travail de lobbying des bibliothécaires allemands – cela vaut la peine de le rappeler – et cela vaut la peine de s’en servir. La valeur de ces recommandations réside dans le fait qu’elles ont été adoptées à l’unanimité, avec les voix de toutes les fractions représentées au Bundestag. Cela est important, très important!
Jusqu’ici, le travail de lobbying vise essentiellement le financement des bibliothèques. Il est juste d’exiger encore et encore le financement public des bibliothèques.Mais cela ne suffit pas. Il faut que les bibliothécaires parlent plus souvent et plus clairement de l’importance pour la société des bibliothèques. Il s’agit de rassembler des majorités pour les bibliothèques. Cela demande des dialogues répétés avec les décideurs. Pour un travail de lobbying efficace, il s’agit de prendre en compte huit points:
- ne pars jamais du principe que tout le monde connait ton problème
- il y a d’autres problèmes que celui qui te concerne
- se plaindre ne suffit pas
- recherche où trouver des alliés et comment on peut les convaincre
- observe toujours avec précision qui peut agir, et comment
- apprendre des autres signifie apprendre à gagner
- réagis au bon moment
- le lobbying ne signifie pas mendier et n’est pas infamant.
Traduit par Suzanne Rousselot |